Nov

13

Bonjour à tous,
Cet article n’est pas alarmant, il est juste réaliste. En cette période de fin d’année la fatigue se fait sentir pour certains et le froid n’arroge pas les choses.
Voici un récit réel d’un médecin urgentiste victime d’un accident de décompression, le week-end dernier, veut sensibiliser sur un point qu’il estime ne « pas être suffisamment pris en compte » par les plongeurs et clubs de plongée : « Lors de fatigue ou de surmenage, il est nécessaire de s’hydrater. Et surtout d’augmenter ses temps de palier lors de la remontée. »

Cet article est disponible sur le site du journal

Une semaine après son accident de décompression, survenu le 2 novembre, dans le secteur des Saintes, le plongeur a décidé de témoigner. « Pour sensibiliser et prévenir le plus grand nombre afin d’éviter que ce type d’accident ne se reproduise. Ce qui m’est arrivé n’est malheureusement pas suffisamment pris en compte. Que ce soit par les clubs ou par les plongeurs », pose-t-il en préambule.
Parce que contrairement à ce qui avait été présumé par les secours, l’accident de décompression ne serait en rien lié à une remontée trop rapide. « Je plongeais avec un club. Tous les paliers ont été respectés. Je peux le prouver » .
Alors que s’est-il passé ? Pour tenter de le comprendre, cet urgentiste passionné par le monde sous-marin a retracé les jours et heures précédents cette fameuse plongée, non sans croiser ses découvertes avec des accidents similaires agrémentés de témoignages issus de professionnels.
CERTAINS SIGNES AVANT-COUREURS DOIVENT ALERTER
Et ce qu’il a découvert doit alerter : « Étant médecin hospitalier, je dois avouer qu’entre les horaires de travail et l’activité professionnelle, j’étais quelque peu surmené. La nuit précédente de la plongée, j’ai mal dormi et j’ai dû me lever à 6 heures. Le manque de sommeil était évident. Je n’avais pas assez récupéré et j’étais fatigué. »
Une grossière erreur de vouloir plonger dans ces conditions ? Pas vraiment. Tout du moins, si on s’entoure de certaines précautions. A posteriori, et avec du recul, le médecin avoue ne pas les avoir suffisamment pris en compte. Par méconnaissance. « Pour ne rien arranger à la situation, je n’ai pas suffisamment bu. Tout simplement parce que la mer était agitée et que je ne voulais pas avoir la nausée afin d’aborder la plongée au Secpaté dans les meilleures conditions. Il s’agit d’un endroit magnifique que je tenais vraiment à découvrir. »
« Je dois avouer que, pendant la plongée, tout s’est bien passé. La sortie de l’eau également. Tout était OK » , glisse encore le praticien. « Les premiers symptômes laissant penser à un accident de décompression sont apparus au bout de 5 minutes, alors que j’étais sur le bateau et que nous allions recharger les bouteilles. » Un accident aussi mystérieux qu’incompréhensible sur le moment, mais un accident qui avait pourtant été précédé de quelques signes d’alerte avant-coureurs.
CONSEILS DE MÉDECIN
Le médecin en convient : « Lors de la plongée, je n’y avais pas porté attention. Il s’avère pourtant que j’ai consommé plus d’oxygène que d’habitude. Autre point qui doit alerter et qui doit s’ajouter aux autres signes classiques : le fait de ne pas avoir eu envie d’uriner pendant la plongée. »
Fort de l’ensemble de ces constats, et parce que c’est son job, cet urgentiste a décidé de travailler de manière scientifique sur le sujet. L’idée ? Comprendre l’interaction entre la fatigue et le risque accru d’accident de décompression sur le plan physiologique. « Je compte rédiger, sur ce sujet, un article médical à destination des clubs de plongée et de mes confrères. »
D’ici là, le médecin distille ses conseils : « Fatigue et manque d’hydratation sont des facteurs importants qui doivent être pris en compte quand on plonge. En cas de surmenage ou de manque de sommeil, je conseillerais également de ne pas descendre en dessous de 18 m et d’augmenter les temps de palier lors de la remontée. A fortiori quand on a franchi le cap des 50 ans. » Malgré ces précautions, « si des signes de malaise apparaissent, il faut réagir vite et penser à l’accident de décompression. »

350 accidents de plongée par an
On dénombre chaque année environ 350 accidents traités dans les centres hyperbares français.
La majorité survient sur la côte méditerranéenne, et surtout l’été, suite à une augmentation du nombre de pratiquants durant cette période.
Une étude épidémiologique récente montre que l’accidenté est le plus souvent un plongeur loisir (85%), plus âgé (40 ans en moyenne) que la population de plongeurs affiliés à la Fédération française d’étude et de sports sous marins (FFESSM).
75% sont des hommes, ce qui correspond à la répartition normale dans la population de plongeurs loisirs. Et 10% ont déjà eu un accident de plongée.
Tous les niveaux sont concernés, y compris les encadrants, qui représentent 20% des accidentés.
20% des accidents surviennent au cours d’une formation. L’incidence augmente avec la profondeur. Néanmoins, plus d’un tiers des accidents surviennent à moins de 30 mètres de profondeur.
L’accident le plus fréquent est la désaturation (53%), suivi par le barotraumatisme grave (15%) et par l’accident cardio-vasculaire d’immersion (5%).
Les principaux risques
Les accidents de désaturation
Dits aussi de décompression, ils se produisent à la remontée. Lorsque la pression diminue, le pouvoir de solubilité des gaz diminue également.
Il se forme alors des bulles dans le sang qui, normalement, sont éliminées par la respiration lors d’une remontée progressive. Lorsque les paliers de décompression ne sont pas respectés, ces bulles peuvent devenir nombreuses et volumineuses, et être à l’origine d’embolies gazeuses, dont les conséquences peuvent être dramatiques.
Les barotraumatismes
Ils regroupent les affections consécutives aux modifications de pression ambiante. Ils concernent les organes creux du corps qui sont soumis à ces variations de pression, tels que les cavités ORL, les poumons, le système digestif, etc. Ils sont causés par un changement de pression des gaz contenus dans le corps, et créés quand il y a une différence importante entre la pression de l’air à l’intérieur d’une cavité du corps et la pression externe. Le barotraumatisme le plus fréquent est celui de l’oreille, et le plus grave, la surpression pulmonaire.
Les accidents toxiques
Ils concernent tous les gaz qui sont potentiellement toxiques au-delà d’un seuil dissous dans le sang, qu’il s’agisse de l’oxygène ou des mélanges gazeux utilisés en plongée bouteille (nitrox, héliox, trimix, air).
On parle d’accident hyperoxique lors d’un apport excessif en oxygène, et de narcose lorsqu’il s’agit d’un autre gaz (le plus souvent avec l’azote, mais aussi l’hélium).

Faites attention, ne plongez pas en étant (trop) fatigués…

Bonnes bulles

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